60 ans après l’indépendance, nous constatons malheureusement qu’on n’a pas pû développer la RDC. Pas seulement sur le plan politique, même sur le plan culturel. Bien au contraire, nous avons rétrogradé. J’ai suivi avec regret le discours du chef de l’État lors de son investiture, il a presque tout dit mais en aucun moment il a parlé de l’artiste congolais.
Ça veut tout dire. L’artiste congolais est abandonné à son triste sort. Nos dirigeants ne nous présentent aucune politique culturelle. 60 ans après l’indépendance, ce grand pays qui est pour moi le berceau de la musique africaine, ne compte pas une seule salle de spectacle. L’artiste congolais vit de la mendicité.
Et l’artiste n’est pas exempt de reproches. Il est presque inconscient.
L’homme politique l’utilise comme une bagasse, une fille de joie. Et l’artiste a accepté d’être une vieille Falbala. Ridicule ! Au moment des élections,on se rappelle de l’artiste congolais, et il vient chanter quand-même. Votez votez votez ! Mawa. Et après, il redevient franfreluche.
Ailleurs la musique peut servir pour sensibiliser, transmettre un message, dénoncer, conscientiser, etc. L’artiste pouvait même contribuer à la lutte pour obtenir la vraie indépendance, le panafricanisme. Mais au Congo, la musique est devenue un instrument pour citer les parties intimes de la femme, une musique pleine de bêtises. Et c’est tout. Pire encore, on a délaissé les textes nous légués par nos aînés Luambo ,Lutumba , Grand Kallé et bien d’autres.
Moïse MATOMO / Allokinculture